Réflexions sur le Bonheur, au fil de mon évolution (1).

 

Réflexion (1) : combattre le solipsisme.

« Solipsisme », voici un terme bien curieux, que peut-être peu de gens comprennent et utilisent. Pourtant, il s’agit là d’un mal que nous ne connaissons que trop bien. Mal que nous infligeons et que nous nous infligeons …sans toutefois y prêter attention.

Du latin solus = seul et ipse = soi-même… le solipsisme est une manière d’être, de penser, d’agir égoïste ou égotiste en établissant comme postulat que seul notre « petit » ego serait une réalité incontestable. Bien sûr ce terme philosophique renvoyant au cogito de Descartes est, de ce point de vue (philosophique), beaucoup moins caricatural que le solipsisme vulgaire que je m’en vais dénoncer.

Vulgairement parlant donc le solipsisme serait la croyance qui poserait l’axiome « J’existe !» et les autres seraient des ombres ou des chimères… autrui ne compte pas car l’important est que j’existe. Cette pensée tordue est à mon avis la base de l’individualisme. Si je doute des autres, je me coupe des autres. Je m’enferme dans ma bulle. Je suis une bulle dans un océan et je crois, comme l’explique admirablement Patrick Burensteinas, qu’en tant que bulle j’existe…sous-entendu l’océan, lui, n’existe pas.

 

Cette attitude est vraiment mortifère. Bruno Lallement, m’a dit un jour cette formule épatante qui émane je crois de la sagesse tibétaine « Le Bonheur, c’est les autres. ». Y a-t-il formule plus admirable ?

 

Nous oublions que le but ultime de tout, est la Perfection ou le retour à l’Unité. Il y a de ça dans toutes les traditions multimillénaires. Chacun apporte sa version, son interprétation mais comme nous l’expliquait hier Guénon et à ce jour l’excellent Éric Tolone ; toutes les traditions bien comprises se rejoignent en ce faîte. Ce consensus multi-multiséculaire témoigne à mon humble avis de la plus universelles des vérités.

Un adage alchimique cher à mon cœur nous indique que ce n’est pas le tout de trouver la lumière, sous-entendu pour soi-même, il convient aussi de pardonner aux ténèbres. Ainsi, les autres comptent même ceux qui nous débectent et que nous aimerions laisser au fond desdits ténèbres. En dehors de l’aveuglement de notre « petit » ego (la seule partie de notre être qu’on emportera jamais au Paradis) nous faisons aussi partie de ces autres. Le Christ ne nous a pas transmis cette maxime merveilleuse « aime ton prochain comme toi-même » si telle n’était pas la clef de notre Bonheur et de notre succès. De notre succès matériel aussi, pour ceux qui ne penseraient qu’à ça.

 

Cessons donc de nous jalouser. René Girard par son étude approfondie sur le désir humain…et la jalousie en découlant, a détricoté son mécanisme affligeant. J’y reviendrai plus en détail dans un article hommage à notre défunt philosophe.

 

Je tenais seulement à vous témoigner de l’inutilité et de la perfidie de la jalousie. Jamais je n’ai autant souffert que quand j’étais jaloux. Bien sûr du temps où je l’étais, je vous aurais affirmé mordicus et de bonne foi le contraire…mais à l’épreuve des faits, je l’étais. Être jaloux, ça consiste d’abord à se torturer sans cesse avec la question « Pourquoi lui/elle et pas moi ?», mais aussi son corollaire «Qu’ai-je de moins ou de trop ?»… et voilà déjà la mécanique délétère de l’autodénigrement ou pis de la paranoïa qui se met en branle.

Soit on se trouve trop nul, inapte au Bonheur par rapport à un autre idéalisé et inégalable en tout point…soit on développe et alimente une sorte d’aigreur paranoïaque qui nous fait accroire que le monde entier nous en veut personnellement. Tout est fait pour nous piéger, nous empêcher de réussir. (Parfois on fait un mix des deux, ou on oscille entre les deux pôles).

 

Je vous rassure, je ne nie pas les difficultés liées à la conjoncture actuelle, j’en subis les frais autant que vous… je ne roule pas sur l’or, croyez-moi. Il y a des temps difficiles comme le chantait Ferré quand c’était encore les Trente glorieuses.

 

Moi qui suis né dans les Trente « piteuses » et vis actuellement comme vous dans les Trente « encore plus piteuses » ; vous dis sans ambages: nous l’avons bien cherché.

Ceci signifierait plutôt « ressaisissons-nous » (et arrêtons de « pleurnicher»). Nous avons développé un individualisme farouche, ravageur, ne respectant rien, brisant tous nos liens depuis des lustres. Nous avons cru à un matérialisme, à un consumérisme garant de tout Bonheur, de tout succès au lieu de perpétuer une tradition de vie ayant un vrai sens, un vrai but…une vraie destination.

 

Il est temps de renouer avec cet héritage, d’arrêter de se jalouser les uns les autres et de reconstruire ensemble. Le bien commun est le bien de tous. Je n’aurai de cesse de le répéter.

 

Il est question là, néanmoins, de très grands desseins. Le bien commun est un concept très abstrait qui vous fait peut-être frémir. Vous voulez sans doute des choses plus concrètes et applicables au quotidien ? Pour améliorer vos relations, ou du moins pour disposer de quelques bonnes pistes très pragmatiques… je vous renvoie à une très touchante vidéo-conférence de Bruno Lallement… qui quand on sait par quelles épreuves de vie il dut passer, force le respect.

 

Bruno sait ce qu’il doit aux autres, et les autres dont je suis, savent ce qu’ils lui doivent. J’espère que ses paroles ciblant avant tout l’amélioration de nos relations au quotidien, vous inspireront.

 

N’oubliez pas cependant que pour donner du sens aux petites actions salvatrices et altruistes du quotidien; il importe vraiment d’avoir en sus de grands buts… mieux parmi ces dits buts, une finalité.

Cette fin des fins, comme nous l’apprennent les philosophes, les plus grands et les plus beaux esprits de la Terre vous l’ont donnée.

A vous de l’accepter ou de la rejeter.

 

Bon, eh bien, je vous souhaite une bonne conférence et vous dis à bientôt pour de nouvelles réflexions sur le Bonheur et notamment un commentaire sur l’œuvre magnifique du Dr. Jean-Jacques Charbonier « 3 clefs pour vaincre les pires épreuves de la vie ».

HFS.

 

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Pour la conférence de Bruno cliquez sur l’image.

Sinon accéder au site du Dr. Charbonier en cliquant sur la couverture du livre.

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