Un joli petit récit sur l’amitié.

 

Voici un petit texte sympathique sur l’amitié qui éveillera en vous, je l’espère, quelques jolis souvenirs.

 

Je remercie Noëlle d’avoir eu le courage de me proposer son texte. Je vois la timidité qui gagne mes élèves les plus rebelles quand il s’agit de lire devant tout le monde une simple rédaction.  Ecrire, c’est mettre son âme et son cœur à nu; ce n’est pas aussi aisé qu’on croit. Je veux dire quand on écrit vraiment et qu’on fait jaillir ce qu’on recèle au plus profond en notre for intérieur.

 Il n’est pas forcément question d’écrire comme Stendhal ou Flaubert. On parle beaucoup de style. Moi, je ne souscris pas trop au style, mais je crois beaucoup à la sincérité et à la profondeur du rédacteur. On se doit d’être sincère et profond, après la forme, le style comme on dit, c’est très subjectif.

Une de mes profs de français admirait le style de Duras alors que je trouvais ses écrits d’une platitude affligeante… mais je ne nierai pas que Duras ait un « style » puisqu’on me le dit! On ne saurait pourtant pas si aisément m’expliciter ce fantomatique « style »… en vérité , on trouve du style chez les auteurs qui nous plaisent et aucun style chez ceux qui nous débectent. Les petits malins m’objecteront « Mais alors comment distinguer Stendhal de l’élève de cinquième si on ne croit pas au style? ». Je répondrai à cette question dans un petit article intitulé « Concernant le style ».

HFS

Pour l’heure profitons du charmant récit de Noëlle sur l’amitié:

Mon amie d’enfance

Nos mères étaient des amies. Mon amie avait deux frères et deux sœurs, moi trois sœurs, j’étais l’avant-dernière. Tout ce petit monde se côtoyait joyeusement. Est-ce à cause de nos âges respectifs, très jeunes déjà nous formions un duo à part. Naissance d’une amitié ? Ce lien qui évolua tout au long de notre vie, ce sentiment, qui ne se commande pas, est toujours là, profond, bien présent.

Nous avons partagé nos jeux, nos fous rires, nos embrouilles, nos amourettes, plus tard, nos soucis, nos joies et nos peines. Je me souviens d’une anecdote lors de notre jeunesse. Nous venions de faire connaissance avec des estivants venus de Marseille, des  garçons à peine plus vieux que nous, beaux et un peu prétentieux. Au début, c’était toujours pareil, je me présentais, puis, comme d’habitude, elle n’osait pas dire son prénom. C’est alors qu’avec un beau sourire elle disait :

-Devinez, c’est comme une fleur des champs.

Silencieuse à côté d’elle, admirative de son courage, j’entendais leurs réponses :

-Violette ? Anémone ? Narcisse ?

Toute une panoplie de fleurs, excepté celle  qui était son prénom.

Alors, dans un grand soupir nous l’entendions murmurer : « Ben, c’est Marguerite…»

Ouf, c’était dit ! Elle n’aimait pas son prénom.

Il faut dire qu’à l’époque, Marguerite, c’était aussi le nom d’une vache célèbre, celle de Fernandel. Commentaires, plaisanteries, fusaient de toutes parts au sujet de ce duo exceptionnel…Mais très vite, nos compagnons de vacances la nommaient comme nous, Guiguite.

Plus tard, nous nous sommes un peu moins vues, elle avait fondé une famille avant moi, divorcé avant moi. Mais, même de loin, nous avons toujours gardé le contact. A la naissance de mon fils, elle m’a rappelé un souvenir de notre adolescence. Encore à la clinique, allongée dans le lit, nous discutions au téléphone, et je l’entendis me dire :

– Ça alors, tu as tenu parole, il s’appelle Hervé, comme ton chéri de l’époque. Au fait, tu as de ses nouvelles ?                                                    

Vers l’âge de quinze ans, j’avais un amoureux, amour platonique bien sûr, j’étais très éprise de lui, et un jour devant mes copines, je lançais : 

«Plus tard, mon fils s’appellera Hervé. »

Mon fils est né, nous l’avons appelé Hervé. Rien à voir avec cette histoire que j’avais oubliée. C’est pour honorer son grand père que nous avions choisi ce prénom.

La vie s’écoule, avec des joies, des peines, riches de nos aventures respectives que nous partageons.

Je n’ai qu’une amie d’enfance, Marguerite. Merci la vie.

 

Par Noëlle Bellue.

 

Eh bien avec Marguerite, on peut dire que la vie lui a fait une belle fleur à Noëlle… et du côté de Marguerite, la vie lui aura fait un beau cadeau  :-) (à ne pas prononcer à l’alsacienne sinon ça fait comme gâteau…vous me direz ça marche aussi avec Noëlle :-D ) ! Comme quoi elle n’est pas toujours vache cette chienne de vie :-) (surtout avec les Marguerite)!

Non je n’ai pas publié ce texte, juste pour sortir ces conneries. Je trouve qu’on badine pas mal de nos jours avec l’amitié…on n’a plus le sens de l’amitié et c’est fort dommage. Quand les chemins de nos vies se séparent, on se perd de vue et nos 400 coups n’en valent plus une… tout tombe dans le néant.

Moi, comme je suis un homme, je penserai aux copains et à Brel lorsqu’il nous disait que ce qu’il y a de plus touchant, c’est la fidélité entre deux hommes! Il parlait de deux amis, de deux compères bien sûr, n’allez pas chercher plus loin bande de coquins  ;-) ! L’ami Jacques n’était pas homo-sapiens comme l’ami Charles (Trenet). L’ami Charles qui d’ailleurs a chanté une des plus belles chansons connues sur l’amitié, qui malheureusement ne figurera pas dans le bonus musical à suivre, car elle n’est pas disponible sur youtube. Téléchargez donc « amis comme avant » du grand Charles Trenet!

HFS    

Bonus musical: