Un café des poètes pour le millénaire…

J’ai eu l’honneur de participer à mon deuxième café des poètes, après avoir, à mon grand regret, manqué quelques rendez-vous. Je me devais de participer au café des poètes célébrant le millénaire de notre chère cathédrale de Strasbourg.

CdP 4915

 

 

Pour voir l’affiche en grand, cliquez sur le lien :

CdP 4-9-15 doc+

 

Ce fut une soirée intense et envoûtante. Poètes, slameurs, chanteurs se sont succédé pour honorer Notre-Dame ou simplement offrir un débriefing décoiffant d’une actualité très chargée. Légèreté, gravité, humour et puissance étaient de mise.

Je remercie Marie Otmesguine, Pierre Louis Aouston, Pierre Zeidler, Jean Paul Klée, Alexandre Schmitt, Astrid Ruff, Nayma, Mike, Yannis (et ses amis musiciens) nos jeunes chanteurs Tony  et Yaci ainsi que tous les merveilleux intervenants qui ont su incarner leurs textes avec brio.

Eh bien oui, un poème, un slam, ou une chanson ça s’incarne. C’est tout un art, une espèce de jeu de rôle subtil, qui me fait encore un peu défaut. Si je sais incarner mes cours de français ou de philo à la perfection (car ceux-ci étant plus spontanés et plutôt de l’ordre de l’ « exposé » ou du dialogue, de l’échange/débat maître-élève), je reconnais fort bien que la lecture de mes poèmes mérite peaufinage ! Il me faut acquérir un vrai « jeu d’acteur » comme celui qu’incarne parfaitement mon ami et mentor orthographique Bernard Fripiat. A ce propos, je vous conseille vivement une des toutes dernières chansons de Serge Reggiani : « acteur ». Ce morceau génial (parmi mes préférés) vous conte le métier d’acteur avec la ferveur et l’élégance d’un homme qui a vécu (album « enfants soyez meilleurs que nous »)…je vous rappelle aussi que Reggiani fut un immense acteur et un très grand comédien de surcroît.

Pour revenir à la poésie, je rajouterai que certains poèmes fonctionnent mieux à l’écrit car ils recèlent des messages discrets qui ne sautent pas aux oreilles, ni même forcément aux yeux…il convient de lire et relire pour bien comprendre. Le poème que j’ai écrit sur la cathédrale est ainsi tissé. Il fonctionne comme un jeu de piste. Derrière mon hommage, se cache peut-être tout autre chose, un autre discours…mais quel discours ? Rassurez-vous rien de bien sulfureux, juste quelques petites clefs alchimiques  concernant la vie et son but intrinsèque.

Saurez-vous pleinement vous en saisir ? Vous le verrez a priori après quelques bonnes lectures. Je n’expliciterai pas davantage mon texte et n’en dévoilerai pas non plus les arcanes…il perdrait de son mystère, et je préfère ne pas contraindre votre intuition.

Excellente lecture !!!

HFS.

 

 Poème à notre cathédrale.

Ils arrivent du monde entier

Depuis des siècles te contempler,

Depuis des lustres te célébrer.

Voir à tes pieds les charmes,

D’une immensité qui nous désarme.

A Notre-Dame, à cet amour,

A notre vieille cathédrale de Strasbourg.

Ton millénaire vaut mille détours…

Et que flamboie au zénith ton unique tour,

Comme une divine flamme qui brûlerait toujours.

Et que rayonnent tous tes mystères,

De tes pierres hermétiquement taillées,

Au rayon vert sur le Christ pointé.

Nous révélerais-tu l’envers ?

L’envers de la vie sous ton gré couleur de rose…

Quelle est donc l’essence de sa secrète prose ?

Es-tu la quintessence d’une gnose voilée ?

Celle de tous ces maîtres orfèvres au grand cœur exalté ?

Celle de ces nobles bâtisseurs et de leur indicible alchimie ?

 As-tu jailli de l’infini, es-tu intemporelle ?

Temple de Dieu, merveille des Hommes … immortelle.

Ils t’ont érigé de toute leur ferveur,

Ils se sont sacrifiés pour te parer de tous les honneurs.

Tant de larmes, de pleurs et de sueur…

Combien de tes serviteurs ont jours et nuits rêvé,

De t’admirer enfin achevée ?

Combien d’heures de leurs labeurs…

Pour nous offrir ton incommensurable  splendeur ?

J’aimerais tant remercier ces admirables zélateurs,

Mais j’ai bien peur de n’avoir pas les mots.

Je ne puis qu’acclamer presque en sanglots :

« Regarde l’ami comme c’est beau !

Viens l’ami que je t’emmène …tout là-haut.

On se prendra pour des oiseaux.

On s’en mettra plein les yeux,

Sous un doux ciel bleu céruléen…

On se sentira plus près des Cieux, et on y sera bien.

On s’abandonnera mon vieux…quoi de vraiment mieux ?

On y laissera victorieux, toutes nos vielles peaux d’avant. 

Puis on redescendra…tellement heureux, contents,

Sans même se demander pourquoi…

Sans même se demander comment…

Tu vois l’ami, c’est ça être vivant !»

Qu’y a-t-il donc de si profond et de si fort,

Dans tous ces « livres de pierres » du grand Victor ?

Tapis au sein de ces sages ouvrages

L’occulte Moyen Âge cèle-t-il son message?

Il n’y a rien, ni davantage…

Que la transmission des Anciens.

Mission transcendantale nous montrant le bon chemin.

Silence, écoute bien, ne les entends-tu pas nous parler ?

Les cathédrales murmurent  derrière leurs murs.

Leurs arcanes en nos âmes résonnent en canon.

Les oraisons fabuleuses nous rectifient au diapason.

Leurs vitraux étincelants  laissent passer les rayons,

De la vraie lumière colorant de mille feux nos destins.

Nous assimilant tout entier au grand dessein.

Nous reconnaissons alors l’art sacré…

Dans toute son éternité, qui nous étreint.

Nos aïeux ne nous ont jamais quittés.

Ils habitent dans cette pureté, vivent ici, dans cette clarté.

En attendant patiemment l’heure

Où tous les êtres rejoindront en chœur

Cette ultime et dernière demeure.

Ce temps béni de l’Unité retrouvée.

Que dis-je un temps, c’est une erreur…

Ce n’est pas en ces termes que l’on doit parler

Du Bonheur.

 

 

Bonus : il me fallait rajouter la chanson de Jacques Brel à point « nommée », si vous me passez ce jeu de mot :