Toujours avec style les figures de style !

Nous allons passer en revue les différentes figures de style que vous pourrez réutiliser pour améliorer vos écrits.

 

L’allégorie : il s’agit de personnifier ou de symboliser une idée, un concept par exemple représenter la France par une femme la Marianne ou la Justice par une balance.  Elle sert à faciliter la représentation et la compréhension d’une chose abstraite.

 

L’allitération : elle consiste en la répétition, poétique si possible, d’une consonne ou d’un groupe consonantique. L’exemple archiconnu est «Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?» de Racine. Sa fonction est surtout poétique, on essaie de rapprocher des mots proches aussi bien par le sens que par le son.

 

L’anaphore : il est question d’une série de vers ou tout simplement de phrases qui commencent par un même mot. Je vous en improvise une « Nuit, je t’aime étoilée. Nuit, j’adore quand ton silence est d’or. Nuit, je t’apprécie quand ta lune brille. Nuit, ô ma douce nuit. ». Elle sert vous l’aurez compris à mettre en relief une idée, voire tout bonnement la mettre sur un piédestal, la porter au pinacle comme on dit couramment.

 

L’oxymore ou oxymoron et l’antinomie : si l’oxymore (un oxymore) est l’alliance a priori impossible de deux termes opposés, l’antinomie, elle, est plutôt la contradiction entre deux idées, deux thèses, deux concepts voire deux réalités. Les deux figures ont le même but mettre en relief l’idée d’opposition ou marquer la coexistence de deux réalités opposées…l’oxymore, cependant, a de plus grands effets.

–>Le soleil noir, la destruction libératrice, le chaos ordonné, le bonheur malheureux sont des oxymores.

–>L’athéisme et la spiritualité sont antinomiques car l’idée de sacré s’oppose au matérialisme absolu de l’athéisme et inversement. (Athée= qui ne croit pas du tout en Dieu,  à ne pas confondre avec agnostique= qui est sceptique envers les religions dites révélées).

 

 

Antithèse et  antiphrase : il s’agit là encore de figures presque similaires mais qu’il convient de distinguer. L’antiphrase est le principal procédé  de l’ironie et consiste à dire le contraire de ce qu’on pense pour mieux révéler sa pensée.

–>Dire à propos d’une chose qui nous révolte « C’est génial ! » ou dire à une personne dégoûtante « Vous ne manquez pas de classe, vous alors! » ou encore dire à une personne qu’on l’on trouve stupide « Je m’incline face à votre immense intelligence ! ».

Quant à l’antithèse…c’est lorsqu’on introduit dans une phrase  (ou dans un texte) des termes s’opposant par leur sens.

 –>Mon grand amour est mon/ma pire ennemi/e. (Notre grand amour n’est pas censé être un/une ennemi/e).

 

 

L’euphémisme et la litote : l’euphémisme consiste à remplacer un terme ou une expression jugée trop perturbante par une autre moins violente.

–>Dire « Il nous a quitté.» pour ne pas employer le terme  « mourir ».

–>Dire « nourriture industrielle » à la place de « malbouffe ».

La litote, souvent confondue avec l’atténuation, consiste à user d’une formule simple qui donne l’impression d’atténuer une idée mais qui en réalité l’intensifie aux yeux du récepteur.

–>Dire à l’amour de sa vie « J’t’aime plutôt pas mal. » ou « Je ne te déteste pas.» ou le cultissime «(Va), Je ne te hais point. » (Corneille).

   

Le bovarysme : telle madame Bovary (héroïne culte de Gustave Flaubert) cette figure consiste à employer des tournures fuyant dans le rêve pour échapper à la réalité blessante de la vie.

–>Dire ou écrire « Dans mon rêve nous nous embrassions, nous chantions, nous dansions, nous nous aimions » à propos d’une amante défunte est un bovarysme.

 

Le chiasme : attention je vais parler chinois…le chiasme est le regroupement inversé d’énoncés symétriques 🙂 . Avec des exemples cela sera plus clair 🙂 !

–>« Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. » (Molière).

«Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre. »  (Gandhi).

Le chiasme joue sur l’inversion pour donner plus de force à une idée. 

 

L’assonance : elle consiste à répéter une voyelle accentuée.

–>« Si mon tonton tond ton tonton ton tonton sera tondu. » (François Laboué).

« L’amour toujours, toujours l’amour, rend muet, aveugle et sourd. »

« Avec tes si, si l’impératrice Sissi, n’aurait peut-être pas était Sissi, quoique peut-être que si! »

Etc.

 

La paraphrase et la périphrase : la paraphrase désigne principalement la façon de reformuler les phrases d’un texte et a une valeur souvent négative mais ici nous ne parlons pas de cela. La paraphrase est dans une autre acception, une manière de dépeindre une idée, un thème majeur de sa réflexion de la façon la plus exhaustive…quant à la paraphrase synonyme de reformulation, elle peut, bien faite, avoir une valeur pédagogique fort intéressante.

La périphrase est le fait de substituer le mot par sa définition ou son explication…  « la capitale de la France », pour Paris.

 

L’hyperbole et la gradation : la gradation consiste à aller dans l’intensité de manière croissante ou décroissante.

–>« Va, cours, vole et nous venge. » (Corneille)

L’hyperbole est l’exagération d’une idée ou d’une réalité comme de dire «C’est un monstre! » pour désigner un assassin.

 

Le calembour et la calembredaine : le calambour est un jeu de mots humoristique jouant sur la polysémie et la polyphonie des mots. La calembredaine (terme pour rire) est un calembour raté, elle désigne aussi une bourde, un dérapage, un discours inutile et nul. 

–>Pour se moquer du jeune Napoléon et de son accent corse, ses camarades l’appelaient « la-paille-au-nez » au lieu de Napoléon(èèè) (prononcé à la corse)…c’était un calembour…

 

La métonymie : c’est la substitution d’un terme par un élément ayant un lien logique avec lui, le plus couramment l’œuvre par le nom de l’auteur (ou de l’artiste), la partie par le tout, le contenu par le contenant, le moral par le physique, la chose par le symbole ou par le lieu, la ville pour ses habitants ou la cause par l’effet. Donnons des exemples cela sera plus clair.

–>« Boire une excellente bouteille. » pour parler du vin.

« Paris se soulève. » pour parler des Parisiens.

«L’aigle a laissé ses plumes à Waterloo » pour parler de Napoléon.

« J’ai écouté le dernier Deep Purple.» pour le nom de l’album.

« J’ai lu le dernier Stephen King. » à la place du nom du livre.

« Il a beaucoup de cœur » à la place d’une qualité morale exprimant la gentillesse.

«Le quai d’Orsay. » pour le ministère des affaires étrangères.

« Il s’est injecté la mort.» pour parler par exemple d’une dose mortelle de drogue.

Etc.

 

La métalepse : est une forme de métonymie qui consiste à prendre l’antécédent pour le conséquent comme dans la phrase « Il aura bien vécu. » pour dire qu’il est mort. 

    

Le néologisme : c’est la création d’un mot ou d’une expression, l’utilisation d’un mot ou d’une expression dans un sens différent que son sens originel. Le célèbre néologisme français de ces dix dernières années est le « bravitude » (à la place de bravoure) de Ségolène Royal…

 

La paronomase : elle consiste à rapprocher des paronymes pour faire des jeux de mots voire des maximes.

–>Qui vole un œuf, vole un bœuf.

 

La synecdoque : est une forme particulière de métonymie qui remplace le tout par la partie, la partie par le tout etc. Généralement en donnant aux mots des sens plus ou au contraire moins étroits que leur sens habituel.

–>« La femme porte un manteau de vison »…dans cette phrase « vison » désigne seulement la fourrure de vison et non pas tout l’animal mais on a mis le tout, c’est-à-dire le « vison » pour désigner la partie, c’est-à-dire sa fourure. Ici donc le mot « vison » a un sens plus étroit que d’ordinaire puisqu’il ne désigne non plus tout l’animal mais seulement une partie de celui-ci.

Inversement dans la phrase « Je ne mettrai pas les pieds (ou le nez) dehors par ce froid ! » on désigne évidemment une ou des parties pour le tout…on se voit mal juste sortir le nez ou les pieds !

 

Le zeugma ou zeugme : c’est une construction verbale possédant deux compléments, l’un au sens figuré, l’autre au sens propre.

–>« Il sort de ses gonds et son revolver. »

« Sous le pont Mirabeau coule la Seine et nos amours. » Apollinaire.

« Ces larges murs pétris de siècles et de foi. » Lamartine.

« Il a du cœur et beaucoup d’argent. »

« Il est triste et croquemort. »

« Il a vendu son âme et ses esclaves. »

Etc.

 

 

La métaphore : cette figure ressemble à la comparaison ou à l’analogie mais est construite sans les outils de celles-ci par souci poétique, lyrique…

–>La vie c’est comme une boîte de chocolat, cette réplique culte de Forest Gump est une comparaison, transformons-la en métaphore…La vie, cette boîte de chocolat.

Une succession de métaphores liées à un champ lexical précis, forme une métaphore filée.

–>J’ai goûté à son sourire, dégusté ses beaux yeux, croqué dans ses lèvres et bu toute sa beauté… On utilise un champ lexical gastronomique pour parler d’un ébat amoureux.

 

 Personnification : attribuer des caractères humains à un objet, un animal, une chose inconsciente. En philosophie on parlera d’anthropomorphisme.

 

–>Le réveil est mort, le chat rigole quand je lui apporte sa pâtée, ce feu est vicieux, cette mer est tourmentée, ces chiens complotent pour me piquer mon chapelet de saucisses etc.

 

Prosopopée : type particulier de personnification qui consiste à faire parler les morts ou les allégories.

 

–>Louis XVI revint sa tête sous le bras me conter la révolution : « Seigneur Dieu quel grand chambardement comme dirait votre troubadour contemporain Béart… et dire que j’y étais… tout commença cher ami en 1789 mais un peu avant cela … bla bla bla bla bla et c’est ainsi que j’y laissai ma pauvre tête !»