Les « Pourquoi écrit-on…? » de Nanard (1)

Mon ami Bernard qui ne dort jamais, m’a dit qu’il était en train de pondre un dictionnaire des difficultés… je savais bien qu’il me couvait quelque chose  🙂 ! C’est sûrement l’effet de Pâques!

Ce dictionnaire nous expliquera pourquoi certains mots complexes s’écrivent comme cela… un exemple peut-être? Vous tombez bien comme je suis gentil, Bernard m’offrira de temps en temps quelques échantillons en exclusivité pour l' »Homme franc sait ».

HFS 

Mets.

Ce mot vient du latin missum, participe passé de mittere qui voulait dire « envoyer » et a donné « mettre ». Il n’y a donc aucune raison de mettre un « t ». Ce « t » a été ajouté par Robert Estienne par analogie avec « mettre » ce qui nous permet de ne pas confondre avec « mes ». Il l’a fait exprès. À l’origine, Robert écrivait « metz », le « z » ayant l’avantage de se distinguer plus facilement dans une écriture manuscrite où l’on ne séparait pas toujours les mots. Voilà pourquoi nos anciens aimaient le mettre en fin de mot. En 1694, l’Académie écrit « mets » en entrée mais conserve le « z » de Robert dans ses exemples. Elle se ralliera définitivement au « s » en 1718. Pour l’anecdote ce « mes » ira en Angleterre et nous reviendra par le mot « mess » (des officiers).

Truc.

Le gag est qu’on ne se trompe pas au « t », mais au « s ». Retenons qu’un mets étant par définition excellent, on met un « s » au singulier dans l’espoir d’en avoir un second. (Remarque d’HFS: excellent et même succulent surtout s’il y a de la sauce 😀 !)

Par Bernard Fripiat. 

 

 

Voilà, j’espère que ça vous mets euh oups met l’eau à la bouche!