Les fiches conseils pour les soins de nos personnes âgées (1)

Introduction:

Bonjour à vous, amis internautes, je vais me présenter sommairement afin d’expliquer le contenu de mes fiches conseils et la raison qui m’a poussée à vouloir les partager sur la toile.

Je m’appelle Miléna, j’ai 25 ans et je suis aide-soignante dans un service spécialisé pour les personnes âgées de type Alzheimer. Au fil des années, je me suis rendu compte que très peu de gens parlaient des personnes âgées et encore moins de leurs proches placés en institutions. Il y a comme un tabou sur ces sujets, pourtant primordiaux. Afin de démocratiser la parole sur les « vieux », j’ai décidé de me mettre à l’écriture de fiches conseils, via le site de l’Homme franc sait, qui ouvre une tribune à des gens passionnés par leurs métiers, leurs arts…

Etant moi-même passionnée par mon métier, j’ai voulu en faire profiter le plus grand nombre. Mes fiches pourront peut-être intéresser des familles aidantes des futurs professionnelles de la santé ou même des puristes, juste curieux de nature.

Que contiendront mes fiches conseils ? Eh bien, un peu de tout, du moins en ce qui concerne le métier d’aide-soignante et les soins aux personnes âgées. Je vais commencer par une fiche sur la nutrition, axée sur les carences nutritionnelles.

 

Les particularités nutritionnelles de la personne âgée:

 

« Que ton aliment soit ton premier médicament » HIPPOCRATE

 

« On est ce qu’on mange. » Jean-Jacques Rousseau 

 

Alors que les jeunes font des excès de table et ont une tendance à la suralimentation, les personnes âgées après 70 ans présentent un risque majeur de malnutrition et des carences nutritionnelles. En conséquence, détecter les signes de ces manques est un objectif très important en Gériatrie.

 

Quelques statistiques :

 

3 à 10 % des personnes âgées à domicile, 20 à 30 % en institutions et 30 à 50 % des personnes âgées admises à l’hôpital présentent les marques de la malnutrition.

 

I) Les principaux facteurs de risques de déséquilibres nutritionnels.

 

 

1) L’isolement social.

Manger constitue un acte social et relationnel par excellence. Manger seul coupe habituellement la faim; on pourra perdre son appétit même si la faim était présente.

Il s’agit donc, pour les personnes âgées vivant à domicile, de préconiser: les restaurants de quartier (si la personne est toujours indépendante), de manger en compagnie de proches(enfants, petits-enfants…), de mettre en place le passage d’une aide à domicile au moment du repas.

Il y a également possibilité de se nourrir dans des institutions voisines, si ces institutions ouvrent leurs portes aux personnes extérieures à l’établissement.

En ce qui concerne les personnes âgées institutionnalisées, il faut privilégier les repas pris en collectivité ou encore pratiquer la politique du « légumier » qui consiste à partager un plat collectif posé au milieu de la table (une bonne choucroute par exemple 😀 ). Si c’est faisable, bien sûr car toutes les institutions n’ont pas le même fonctionnement en ce qui concerne le service des repas.

 En tout cas, les plateaux repas ne sont absolument pas adaptés à cette génération. Surtout pour des questions pratiques, essayez de manger couché dans un lit, vous ! Même installé de manière correcte, cela reste difficilement jouable, souvent les tablettes ne sont pas à la bonne hauteur, la place est restreinte sur le plateau et surtout les cloches couvrant les repas chauds sont bien trop lourdes pour les mains déformées par l’arthrose de nos aînés.

 

2) La perte d’autonomie.

 

Rien ne sert d’avoir une assiette bien préparée si son contenu ne peut être amené correctement à la bouche !

 

 

Pensez aux aides techniques personnalisées (utiliser une assiette creuse plutôt qu’une plate, essayer les rebords d’assiettes pour les gens atteints de tremblements, mettre un tapis ou une ventouse sous l’assiette pour éviter qu’elle ne bouge lors de la prise du repas …).

Pour les malvoyants, il est utile de privilégier les assiettes colorées, les verres de couleur, afin de favoriser les contrastes entre la table et les différents couverts.

Il existe également des couverts allégés adaptés aux personnes affaiblies.

 

3) L’adhésion à certains régimes abusivement poursuivis.

 

Exemples : régime sans sel pour les personnes présentant une hypertension artérielle, régime sans graisses et sans œufs, régime sans crudités, régime sans sucres.

Ce genre de régimes poursuivis à l’infini créent de la monotonie, qui amène à des déséquilibres alimentaires, engendrant très souvent de l’anorexie chez les personnes âgées.

Il faut donc impérativement faire un procès à l’ensemble de ces régimes dont il n’existe que de très rares indications chez la personne âgée.

Une personne âgée de 90 ans, ayant un peu de diabète, mais non insulino-dépendante, a le droit à une pâtisserie de temps en temps, elle n’en mourra pas ! Parfois une petite douceur, ça fait du bien au moral. C’est toujours plus sympa qu’un anxiolytique.

 

4) La polymédication.

 

Certains traitements coupent l’appétit de manière quasi instantanée, il est donc très mauvais de leur donner le traitement avant de commencer leur repas. Une fois la soupe servie, ils n’auront déjà plus faim et présenteront même un dégoût alimentaire. Privilégiez la prise des médicaments après le repas, avertir le médecin et les équipes pluridisciplinaires.

C’est encore plus flagrant lorsque l’on doit écraser les médicaments. Le plus souvent, c’est même déconseillé, mais comment faire prendre un traitement avec de gros cachets, quand la personne n’est plus capable de comprendre ce que c’est ou n’a tout simplement plus la capacité physique de les avaler sans s’étouffer.

 

5) L’état de la denture.

 

En population gériatrique, l’hygiène dentaire est défectueuse à presque 100% ! (en institution donc)

Seul 3% des personnes âgées conservent une denture saine, sans même parler de l’hygiène bucco-dentaire !

En cas de repas mixés, il est bon d’essayer de présenter l’assiette de manière esthétique. L’eau est à préférer au sirop, bien évidemment si la personne consent à boire de l’eau nature. Dans le cas contraire, continuez les boissons sucrées, la déshydratation est l’ennemi ultime.

 

II) Apport calorique quotidien minimal à assurer à toute personne âgée pour couvrir ses besoins en minéraux, vitamines et oligoéléments.

 

Femme Agée : 1800 à 2000 kcals

Homme Agé : 2000 à 2400 kcals

 

Base à augmenter si la personne est encore active ou en mauvais état de santé.

 

Les protéines sont INDISPENSABLES. L’avancée en âge s’accompagne d’une importante réduction de la masse musculaire. Un homme perd en moyenne 12 kg de masse maigre entre 25 et 70 ans. L’apport optimal souhaité est de 60 à 100 g de protéines par jour (moitié animale, moitié végétale).

100g de viande ou 2 œufs, ou ½ l de lait, ou100g de poisson ou 4 yaourts = 18 à 20 gr de protéines.

 

L’eau est INDISPENSABLE, c’est un besoin vital !

La sensation de soif diminuant avec l’âge, il est important d’obliger la personne à boire, cette consigne est à renforcer encore davantage en cas de fièvre, de forte chaleur et /ou de prise de diurétiques.

Prendre un petit verre de vin avant le repas n’est pas une mauvaise chose car cela peut aider à ouvrir l’appétit et à ressentir la soif, mais avec modération bien sûr et surtout pas en compagnie de la prise de médicaments.

Le calcium est également important pour la préservation du capital osseux et la prévention de l’ostéoporose. Les besoins après 50 ans sont de 1000 à 1500 mg par jour.

1 /4 l de lait ou 2 yaourts ou 30gr de fromage à pâte pressée ou 300g de fromage blanc ou 80 g de camembert= 300mg de calcium.

1 cuillère de lait en poudre= 90 mg de calcium.

Les eaux les plus riches en calcium sont l’Hépar et la Contrex. Pour ma part, je privilégie l’Hépar car elle est également riche en magnésium.

Les vitamines C et D apparaissent parmi les complexes vitaminiques de la personne âgée.

Aliments contenant de la vit D : œufs, lait entier, beurre, poissons

Aliments contenant de la vit C : Cassis (le plus riche de tous), kiwis, fraises, agrumes (à manger crus de préférence).

 

J’espère que cette première approche vous a intéressés et éventuellement vous aidera dans la prise en charge d’une personne âgée. Ma prochaine fiche portera sur les troubles de la déglutition chez la personne âgée et comment les gérer au mieux. A bientôt pour d’autres informations.

Miléna.