Jeu des dictées sadiques.

Pour les plus grands voici six dictées où les pièges se multiplient à l’envi à choisir au hasard avec l’aide d’un dé et d’un complice tenant le rôle d’arbitre. Bon amusement.

 

 

1) L’impitoyable !

 

Vous avez l’heur d’écrire en ce moment une des dictées parmi les plus difficiles de votre vie. Davantage de pièges pour ne pas vous laisser d’avantages. Quand j’égaille mes pièges, je m’égaye comme un fou furieux…je suis tout amusé de vous voir tout étonné(e ). Et pendant que j’y pense savez-vous écrire en toutes lettres : deux cents milliards quatre-vingt-cinq millions trois cent mille deux cent quatre-vingts euros ?

Est-ce tiré par les cheveux, au vu de votre tête je pense que ça l’est et pas qu’un peu mais croyez-moi, c’est pour votre bien !

Il se peut qu’un jour vous aimiez ça mais n’y prenez pas trop goût ou vous deviendrez comme moi un(e ) impitoyable traqueur (se) de fautes. Un(e ) « terminator » de la terminaison. Un(e) « serial killer » de la grammaire.

Le scrabble sera pour vous comme un jeu d’enfants et même si on doit compter les points ; vous mettrez tous vos adversaires K.O !

Pour finir en beauté, je dirai que la plume est plus forte que l’épée…enfin telle est la version des chevaliers des arts et des lettres !

 

2) La cruelle !

 

Ah l’orthographe, mon doux instrument de torture favori qui mène la vie dure aux petits et aux grands. D’aucuns prétendent que c’est l’intelligence des imbéciles, voire une épine qu’on aurait dans le pied mais c’est assurément faux. La grammaire est absolument nécessaire, et les accords primordiaux pour que les échanges entre correspondants soient cordiaux.

Que devrions-nous faire, écrire exactement comme il nous plait ? Suivre nos instincts ? Telle cette sacrée tête de mule d’Humpty Dumpty ? Oui vous savez, il s’agit de ce curieux petit bonhomme en forme d’œuf dans Alice au pays des merveilles qui nous cause bien des maux en mélangeant systématiquement ses mots… et quand on l’interpelle, ô malheur, grincheux, il surenchérit en en inventant!

Le français est cruel et malicieux mais c’est là tout son délice.

Citons encore ce cher Charles De Gaulle : la vie est la vie, autrement dit un combat !

Sur ces belles paroles signons enfin l’armistice de cette dictée aux conflits de règles barbares….la vie est déjà assez cruelle !    

 

3) La mortelle !

 

L’écureuil diffère de l’orgueil et du cercueil mais pas du portefeuille ni même du seuil ou du cerfeuil! Tout n’est qu’inversion et hésitation. Le français, prince du vice, décline ses chausse-trappes et ses facéties à l’infini. Deux c à l’accueil mais combien pour le recueil ? Si vous trouvez, il faudra vous acclamer ! Et les chapeaux, ils nous mènent en bateau écrivez-moi s’il vous plait ces quelques mots : château, piqûre, hôtel, radeau, râteau, égout, cime, abîme, gâteau, forêt, fenêtre et cetera.

C’est à en perdre son latin et son grec ; moi ça ne risque pas de m’arriver ! Je n’ai jamais étudié les langues mortes, je préfère le langage bien vivant des franco-français. Mes cours de latin,  le grec en moins, étaient d’un mortel ennui, je m’en rappelle mais je trouve quand même certaines locutions latines mortelles…je veux dire par là qu’elles en jettent !

Si vos méninges ont abondamment chauffé, fumé voire bouillonné nous allons achever ici cette dictée ! 

 

4) La brève :

 

En bref, écrivons peu ! Il devient fatiguant de rédiger incessamment des textes fatigants et des dictées fatigantes. C’est avec entrain que nous finissons cette diction comme si nous avions sur-le-champ un train à prendre.

 

5) L’impertinente :

 

Le français est gonflé, il ne manque pas de culot. Si trois mille femmes et un homme sont partis manger des moules frites, le masculin l’emporte sur le féminin. Les Académiciens sont vraiment taquins… une radio, une automobile mais un autoradio, c’est rigolo ! On comprend désormais pourquoi le français est l’une des langues les plus difficiles du monde !

Ne parlons surtout pas des homonymes et des paronymes !

Voyez plutôt :

Sceptique désigne l’incroyant quant à septique, c’est la fosse dans laquelle il ne faut surtout pas tomber et qui est souvent bouchée.

Si vous panser un blessé il ne faut pas penser au pire.

Le whisky rode le foie et en cas de cuite on rôde comme un spectre.

Pêcher trop de poisson c’est vraiment pécher !

Le lézard hâle sur son caillou pendant que le bœuf hale sa charrue.

En m’acquittant de ma tâche, repeindre la cuisine, je me suis fait des taches…indélébiles de surcroît !

Le boiteux en boitant a laissé tomber sa boîte !

J’ai dû faire mes devoirs pour avoir du chocolat !

Etc.

Voyez à quels pièges on a affaire dans l’impertinente langue dite de Molière !

 

 6) La diabolique :

 

Diantre, palsambleu, encore une satanée dictée ! Vous êtes un marquis de Sade de la diction. Votre obsession de la perfection orthographique est infernale, elle confine à la folie pure.

Allons faites-vous donc plaisir une dernière fois avec vos petits  pièges vicieux !

Qu’allez-vous me proposer cette fois-ci, des phrases endiablées du style :

Vous êtes censé être sensé.

 

 Etant trop différents ils ont eu un désaccord et même un différend.

 

Est-il bien tôt pour se dire à bientôt ?

 

Je vous rappelle, qu’il gèle dehors, ne glissez pas sur le verglas, les rues verglacées pourraient vous écarteler.

 

Ces pommes sont chères mais ne nous coûtent pas cher, on est tous millionnaires.

 

Je couds, je peins, je joins, j’apprends, je comprends, je feins, j’étreins, je surprends, je mords, je dépends, je répands etc.

 

Ils se sont vus, souri, embrassés, séparés puis téléphoné !

 

Une lettre ci-annexée et ci-annexé une lettre.

 

J’ai agi par acquit de conscience mais aux dépens de ma boîte.

 

Le B.A-BA du français est de savoir combien il y a de g à agglomérer, agglutiner et aggraver.

 

Au temps pour moi je me trompe toujours quand je dois écrire le mot rémunération, c’est la place du m qui me pose un dilemme.

 

Que j’aime les plaisirs de la chair, faire bonne chère et chère lie.

 

Votre maison sur la côte est-elle de plain-pied ?

 

Les petits pois ont perdu du poids cette année.

 

Les thermes c’est un terme trop noble pour parler d’un simple bain bouillonnant à la piscine.

 

L’eau bout à 100 degrés pour que les nouilles bouillent !

 

Moult exemples montreraient encore davantage qu’il n’y a a priori aucune règle en français où le bât ne blesse plus qu’à une autre. Tout y est si difficile mais maintenant que vous connaissez les trucs, au diable les fautes !

 

Par Gaëtan Walter.