Hommage à vif pour Guy Béart, le poète politiquement incorrect.

Avertissement aux lecteurs :

Je m’excuse d’avance pour la tonalité très à fleur de peau de mon article mais certains coups de gueule valent la peine, je crois, d’être donnés. J’ai horreur d’habitude de tomber dans l’émotionnel mais parfois on reste modestement humain. On a des tristesses, des colères, des envies de tout balancer. Cet article balancera un peu mais je vous promets un second article hommage (inspiré par mon ami Bernard Fripiat) plus abouti, plus sérieux et dépassionné qui s’intitulera « Guy Béart, le bel hommage ».  Pour l’heure je tenais à vous transmettre cet hommage à vif trempé dans l’acide car certaines vérités doivent être dites et entendues…que cela plaise ou déplaise. Je pense que les honnêtes gens saisiront ce que j’ai voulu faire passer quant à ceux de mauvaise foi, qu’ils aillent faire leur« trolling » sur les plateformes appropriées.

 

Avec le temps va tout s’en va et surtout les grands de la chanson française. Si seulement je pouvais vous dire « Le roi est mort vive le roi ! » mais je crois sincèrement que la relève n’est plus assurée ! Encore un troubadour comme on en fait plus, parti pour un voyage sans retour ! Que restera-t-il de tous ces poètes disparus? Un magnifique héritage d’authenticité d’une époque révolue (?) où l’on ouvrait sa gueule. Où on l’ouvrait avec panache et sans vulgarité ! Avec élégance dirait Brel, avec intelligence surtout car il est si facile de l’ouvrir pour souffler du vent ! Il serait temps que j’explique à certains parangons de la liberté la différence entre « liberté d’expression » et « liberté de pensée ou de penser ». Citons Sören Kierkegaard :

 

Les gens exigent la liberté d’expression pour compenser la liberté de pensée qu’ils préfèrent éviter.

 

La liberté d’expression n’effraie en rien le pouvoir si elle ne s’accompagne pas de la liberté de pensée/penser. Si l’expression se résume à dire tout et n’importe quoi ou à répéter la propagande officielle parce qu’on est plus capables de PENSER la contradiction…autant l’abolir, elle ne sert plus à rien.

 

Être libre dans sa tête, et penser par nous-mêmes voilà la vraie liberté. Un Homme pensant à qui on interdit de parler est plus libre, qu’un imbécile sous pilotage automatique ayant le droit d’éructer sa verve inutile à qui mieux mieux. Ne vous demandez donc pas  seulement si vous êtes libres de parler mais si vous avez réellement des choses à dire et si celles-ci viennent réellement de votre esprit ! Ne vous faites pas les relais du parasitage idéologique de la doxa qui vous insémine furtivement ses idées toutes faites. « Mais je pense par moi-même ! » m’objecterez-vous, oui c’est aussi ce que je croyais mais tout n’est pas si aisé…je pense que la plupart des braves gens ne mesure pas l’ampleur des moyens mis en œuvre pour les « zombifier ». Pour l’heure, je n’approfondirai pas…revenons à notre regretté défunt.

 

Guy Béart n’était pas qu’un simple poète, qu’un simple troubadour des temps modernes.  Ses chansons avaient la dent dure. Elles étaient un véritable pic perçant toutes les baudruches de la société du spectacle (voir Guy Debord). Ce grand spectacle de marionnettes engraissant nos âmes dans un miel infâme…Béart en tranchait les fils, tirant sur les cordes de sa guitare, chantant de sa voix claire et franche.

 

Quand j’étais tout petit je trouvais très joli « la couleur du temps », « l’eau vive ». Son duo éternel « Frantz » avec la superbe Marie Laforêt était si rigolo. Puis ayant atteint l’âge de raison j’ai pris soin de réécouter minutieusement tous les grands noms de la chanson française. Quand je parle de les réécouter, j’aurais dû dire « redécouvrir »   car je me suis intéressé vraiment en détails à leurs discographies. Ce fut là une claque monumentale ! Je n’imaginais pas une seconde que tous ces chanteurs si bonhommes étaient allés aussi loin dans la prise de risques, avaient porté au pinacle  des valeurs si fortes. Ils furent de vrais éveilleurs…je comprends mieux maintenant pourquoi dans les institutions on ne se bouscule pas au portillon pour en faire la promotion.  

Béart pourrait donner bien des leçons d’irrévérence aux « petits merdeux » d’aujourd’hui se prenant pour des durs ou des rebelles. Lui n’avait pas besoin de beugler des « nique ta mère » à l’envi, il avait du vocabulaire! (Hérité du « mother fucker » américain « nique ta mère » est devenu le slogan fétiche du rap game…autrement dit le rap commercial de masse).

Il n’avait pas besoin d’insulter les mamans pour flinguer tous les pédants. Dézinguer tous les tyrans, il le faisait sans mettre de gants mais toujours si savamment…manifestement c’était un vrai mec, un vrai talent, un grand et…je l’aimais tellement.

 

Rien ne dure jamais éternellement ? Couillonnades! Pitreries ! Boniments !  En ce bas monde seulement ! Je sais qu’une belle âme comme la sienne brille ! Elle brille et brillera toujours… éternellement…ici dans nos cœurs…ailleurs au Ciel !

 

Eh bien voilà, je vais essayer de conclure, arrêter là de dépiter mes salades. Tâchons d’achever cet article idiot qui me fend le cœur et ne le ramènera pas ! Achevons-le par une dernière question…

 

Vous pensez que sa mort m’attriste ?

Oui ! Néanmoins, c’est un mal bien plus profond qui m’attriste, en vérité. Ce mal c’est celui de voir ma « France chérie » décliner à petit feu en perdant toutes ses icônes… à l’époque les héritiers étaient de dignes successeurs. Qui oserait dire que Balzac c’est moins bien que Montaigne ou Rabelais ? Personne ! Pourtant, je clame sans peine qu’aucun chanteur français moderne sorti de « the voice », « star ac » ou je ne sais trop quelle émission de téléréalité commerciale, n’arrive à la cheville de Guy Béart. A fortiori tous les rappeurs bling bling à l’américaine que j’appelle encore très affectueusement les « sapins de Noël ». Je n’y inclus pas des artistes dits de rap conscient, encore assez talentueux de l’acabit d’un Oxmo Puccino ou d’un MC Solaar, ils relèvent  le niveau mais… sans vouloir être ni méchant, ni méprisant c’est un peu l’expression « Au pays des aveugles, les borgnes sont rois »!

 

C’est déjà pas mal d’être « borgne » dans ce monde décadent arrivant en bout de course mais ce n’est pas suffisant! (Je me considère moi aussi comme un « borgne » mais j’essaie de recouvrer mes deux yeux). Je loue tout de même les efforts d’un Oxmo Puccino (ou artistes du même type) pour sa quête de qualité aussi bien dans la forme que dans le fond…si ce n’est pas du Béart, c’est très loin d’être du « the voice ».  Désolé pour les fans de ces émissions « hautement culturelles », mais je livre juste mon ressenti dans un pays où nous dit-on on a encore le droit de s’exprimer librement…j’ai de sérieux doutes à ce sujet !

 

Entendez avec moi les soupirs déchirants de cette France de l’authenticité qui crève! La culture ce n’est pas seulement les artistes, c’est aussi l’artisanat… j’ai donc une pensée émue pour nos agriculteurs en écrivant ces mots car eux aussi s’éteignent à « grand feu ».

C’est la France qu’on aime qui s’éteint! Rallumons-la ! C’est à nous, à tous les Français, à tous les Francophones et tous les francophiles; de rayonner pour ce faire…d’être en somme un peu mieux que de vulgaires consommateurs!  

Avant d’avoir une cervelle d’or, mettons-nous déjà un peu de plomb dans le crâne!

 

J’aimerais pour finir sur une « note » plus positive, si j’ose dire, et pourquoi pas pour vous mettre « un peu de plomb dans la tête » :-) …vous transmettre la liste des chansons de Guy anciennes et récentes, qui ont le plus compté pour moi… un petit top 50 spécial Béart. Je m’excuse de ne pas pouvoir fournir les vidéos. Je vous transmets seulement ma liste non-hiérarchisée et vous chercherez sur deezer ou chez votre disquaire (je les ai alors que les intimes n’hésitent pas à me les demander). Je mettrai en bonus quelques vidéos disponibles sur youtube.

HFS

P.-S. : que les petits fielleux ne s’autorisent surtout pas à me prêter des inepties quant au déclin de la France. Celui-ci a des causes profondes et souvent inattendues qu’il serait trop long d’exposer ici. Je précise cela car dès qu’un intellectuel sérieux pose le sujet sur la table, il y a toujours un écervelé de journaleux pour meugler au « nationalisme », lui sortant ironiquement et narquoisement des énormités dans le genre « Oui c’est sûr que quand la France était blanche et chrétienne …». Comme si la question devait se traiter par le prisme racial ! Le génie français a fait émerger de tout temps des génies de toutes origines : des Dumas, des Zola, des Aimé Césaire, des Léopold Sédar Senghor, des Henri Bergson, des Apollinaire,  des Aznavour, des Yves Montand, des Reggiani, des Khalil Chahine, Guy Béart d’ailleurs de son vrai nom Béhar-Hassan…et j’en passe énormément !

Bref le génie français n’a jamais rien eu à voir avec le « racialisme » et son déclin non plus. 

 

  

50 coups d’épée dans les reins de la bêtise : 

  • La vérité
  • Trouilletulaire
  • Le beau miroir
  • La grève du rêve
  • Les pouvoirs
  • Les parapluies
  • Si la France
  • Les grands principes
  • Rotatives
  • Les collines d’acier
  • Le grand chambardement
  • Voyageur de rayons
  • La tour de Babel
  • Les bras d’Antoine
  • Au bout du chemin
  • Magazines
  • Fille d’aujourd’hui
  • Suez
  • Les temps étranges
  • Anachroniques, les saltimbanques
  • L’autoroute en bois
  • Les proverbes d’aujourd’hui
  • Les enfants de bourgeois
  • Le messie
  • La même éthique
  • Tourbillonnaire
  • La bureaucrate
  • Mourir en vacances
  • Que diable, Satan
  • La bombe à neu-neu
  • Idéologie
  • L’alouette
  • Mon Paris
  • Porte-bonheur
  • Quand les lilas refleuriront
  • La baya
  • La guerre va chanter
  • Où sont maintenant
  • Le bon Zeus
  • Qui est con
  • Emile s’en fout
  • Le bienfait perdu
  • Les mots
  • Ses meilleurs amis
  • Le meilleur des choses
  • Télé Attila
  • Paix à la guerre
  • Ça pourra s’arranger
  • Il faut avoir été
  • Ça qu’est bien

 

Bonus :