Conseils à l’élève pour l’argumentation à partir d’un texte littéraire.

 

Voici un exercice formateur sur l’argumentation que j’avais soumis à un élève. Il serait intéressant pour les élèves d’essayer de le faire et de lire avec soin mes conseils. Il importe d’apprendre à réfléchir sur tous les grands thèmes littéraires et philosophiques pour se roder l’esprit. 

A vos plumes!

HFS

Réaliser un texte argumentatif à partir d’un extrait littéraire.

 

« Voyager c’est bien utile, ça fait travailler l’imagination. Tout le reste n’est que déception et fatigue. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force (…)

Et puis tout le monde peut en faire autant. Il suffit de fermer les yeux. C’est de l’autre côté de la vie. »

 

Voyage au bout de la nuit, 1932,  Louis-Ferdinand Céline (1897-1961).

 

Question : penses-tu comme l’auteur que voyager fait travailler l’imagination ? Justifie ta réponse en argumentant.

 

Tableau de conseils :

 

A faire le plus que possible.  A éviter catégoriquement !
reformuler la question -trouver (si possible) une

problématique  (enjeu implicite que posent 

l’extrait et la question)

 

-citer d’autres auteurs ou personnages illustres sur le thème du voyage.

 

-essayer de piocher des exemples dans d’autres domaines que la littérature (cinéma, peinture, photographie, musique).

 

-analyser (si tu le peux) les informations du  « paratexte » (informations en-dehors du texte, titre de l’œuvre, dates etc.).

 

-dépasser le sujet pour offrir ta propre vision des choses mais en restant bien dans le thème du voyage.

 

 

-faire des phrases concises et bien structurées. (Ce qui n’est pas clair, n’est pas français disait Rivarol)

 

-amener tes arguments de manière cohérente, en général on amène les arguments de manière progressive… du plus simple au plus fort.

 

-respecter le point de vue de l’auteur et de ceux que tu auras choisis de citer ; montrer que leur discours, leur pensée, a de l’intérêt.

 

-utiliser des mots jolis et des  expressions françaises qui collent avec le sujet pour soigner ton style, sans tomber dans les poncifs (formules  trop usées et inutiles du type « le voyage forme la jeunesse »).

 

-faire une introduction et une conclusion

 

-utiliser une méthode précise d’argumentation (déductive, intuitive, d’autorité, par l’absurde etc.), il faut me convaincre (moi correcteur) que ta vision des choses est intéressante (voire passionnante) et surtout juste.

 

-être objectif, ne pas m’imposer ta vision des choses, se contenter de l’exposer, de la proposer sans avoir l’outrecuidance (le culot, le toupet) de  l’ériger en vérité éternelle et incontestable. C’est au correcteur d’apprécier la pertinence ou non de ta thèse, ce n’est pas à toi de dire si elle est valable… cela dit, il faut qu’elle le soit, évidemment mais il convient de rester humble et de ne pas s’auto-congratuler.

 

– mettre en évidence tes arguments visuellement en faisant différents paragraphes, si tu facilites le boulot du correcteur, il te le rendra, crois-moi  😉 !

 

 Si à tout ça tu rajoutes une excellente orthographe, tu auras tout bon  😀 !

 

 

 

-la paraphrase  -ici le style didactique (nous, on, il pour ne pas dire je)  car on te demande explicitement ton avis.

 

-la persuasion, n’essaie pas de prendre le correcteur par les sentiments, il risque de croire que tu le prends pour un âne, fais appel à son intelligence, il appréciera.

 

-le hors sujet, on parle du voyage pas des pingouins d’Antarctique  😀 … le piège ici serait de trop insister sur un des éléments vus ou vécus lors d’un voyage et d’en oublier le thème principal.

 

-citer des inconnus ou des anonymes sauf s’ils sont supposés illustres, le coup de « Ma grand-mère me disait toujours que… » peut passer et créer un petit effet comique mais c’est assez risqué… de plus s’il n’y a aucune citation de personnages illustres, ce n’est pas ça qui te sauvera.

 

-les phrases hyper longues…

 

-les répétitions.

 

-le style trop parlé… écrire comme on parle au brouillon aide à voir et à formuler les arguments mais lors de la rédaction il faut absolument adopter un style correct.

 

-le style précieux… on appelle style précieux la tendance fâcheuse à vouloir écrire de manière trop soutenue… on attend de toi une certaine authenticité et pas des phrases à dormir debout, qui ennuieraient même la Baronne de Rothschild (dame très maniérée). 

 

-le style familier… ne confond pas authenticité et grossièreté.

 

-l’anarchie… il faut que ton devoir soit structuré, tu ne peux pas passer du coq à l’âne.

 

-les gros tas… si ton devoir est un gros pavé informe… le correcteur sera découragé avant d’avoir commencé. Le visuel compte beaucoup, ainsi une écriture illisible est également à éviter.

 

-les contradictions… il faut que tu fasses  attention à ne pas dire tout et son contraire au sein d’un même devoir car sinon le correcteur en conclura que tu es perdu et que tu n’as pas compris le sujet…il aura l’impression que tu remplis pour remplir avec les souvenirs diffus qu’il te reste de ton cours en y allant au « petit bonheur la chance » comme on dit familièrement.

 

-la platitude… c’est-à-dire avoir un style ennuyeux et raconter des banalités.

 

Si en plus tu as une piètre

orthographe, tu auras tout faux  🙁 !

 

 

 

Pour t’aider des citations :

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent la raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, mais non pas ce que je cherche. (Montaigne)

 

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage. (Joachim Du Bellay)

 

Il est bon de voyager quelques fois; cela étend les idées et rabat l’amour-propre. (Sainte-Beuve)

 

Le voyage est une espèce de porte par où l’on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve. (Guy de Maupassant)

 

L’important arrive non pas au terme de la route, mais bien avant, pendant le trajet lui-même. (Pavic)

 

Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. (Nicolas Bouvier)

 

Il y a bien de la différence entre voyager pour voir du pays ou pour voir des peuples. Le premier objet est toujours celui des curieux, l’autre n’est pour eux qu’accessoire. (Jean-Jacques Rousseau)

 

Un voyage de mille milles commence par le premier pas. (Lao Tseu)

 

Le plus grand voyageur est celui qui a su faire une fois le tour de lui-même. (Confucius)

 

Le vrai voyageur ne doit avoir aucun objectif. (Gao Xingjian)

 

A quoi sert de voyager si tu t’emmènes avec toi ? C’est d’âme qu’il faut changer, non de climat. (Sénèque)

 

Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page. (Saint Augustin)

 

Partir, c’est mourir un peu, c’est mourir à ce qu’on aime : on laisse un peu de soi-même en toute heure et dans tout lieu. (Edmond Haraucourt)

 

Ce serait une belle chose que de voyager, s’il ne fallait point lever si matin. (La Fontaine)

 

On voyage autour du monde à la recherche de quelque chose et on rentre chez soi pour le trouver. (G. Moore)

 

Lorsqu’on emploie trop de temps à voyager, on devient enfin étranger en son pays. (R. Descartes)

 

En somme, je m’aperçois que les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu’on est revenu ! (Sacha Guitry)

 

Voyageur. Bah ! Ceux qui ont fait le tour du monde peuvent faire durer leur conversation un quart d’heure de plus. (Jules Renard)

 

Lorsque l’on voyage en avion on ne peut avoir que deux types d’émotions : l’ennui et la terreur. (Orson Welles)