4 Regards sur la mort et ses tabous.

201402161740-full Jean-Jacques Charbonier.

 

« 4 regards sur la mort et ses tabous » est le fruit d’une collaboration « improbable » et extraordinaire entre le Dr. Charbonier et Annie Babu dont je vous invite à aller voir la fiche wikipédia.

 

AnnieBabu Annie Babu.

 

Toutefois avant de vous en dire davantage et d’évoquer un des sujets brûlant et phare du livre : « l’euthanasie » ; j’aimerais répondre à une question fondamentale :

Pourquoi la mort ne doit-elle plus être un tabou ?

 

Qu’on soit spiritualiste, religieux, agnostique ou athée, on sait que la mort fait partie de la vie. C’est même l’aboutissement de cette vie terrestre. Chaque jour nous rapproche de notre mort. Nous espérons mourir très très vieux et dans notre lit.

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Et si cette mort nous frappait sans prévenir ou frappait l’un de nos proches?

 

 On ne sait pas si la mort est imminente ou lointaine, rien n’est certain. Vivre sans penser à la mort, ça peut paraître rassurant mais quand celle-ci nous rattrape, c’est l’effondrement total car nous n’y sommes pas préparés. La mort n’est, de plus, pas toujours rapide et brutale… comment gérer de longues maladies, des soins palliatifs etc. Que penser de l’euthanasie ? Pour ceux qui restent, comment se remettre de cette épreuve ? Comment ne pas frémir à l’idée de sa propre mort ?

 

Eh bien, il faut y penser avant ! Il importe de savoir en parler comme d’un sujet normal, indispensable. « Ne chantez pas la mort, c’est un sujet morbide » chantait le regretté Léo Ferré aidé des paroles de son ami Jean-Roger Caussimon… j’ai envie de paraphraser cette sublime prose très ironique (Ferré a chanté plusieurs fois la mort : « la mort », « à mon enterrement », « Pépée », « le testament » etc.) et d’acclamer « Chantez la mort, c’est un sujet vivant ».   Chantez-la avec bonne humeur comme Brassens « le testament » (à ne pas confondre avec celui de Ferré) « supplique pour être enterré à la plage de Sète » ou Brel « le moribond», « vieillir ».

         

Le sage tibétain Sogyal Rinpoché (Livre tibétain de la vie et de la mort), déplore que nous autres Occidentaux, nous  nous désintéressions à ce point de la mort. Il trouve cela étrange voire scandaleux. Il a bien conscience du désespoir engendré par une mort qui n’est pas bien anticipée, ni bien préparée. Au Moyen Age, nous avions encore comme les Orientaux, l’art de célébrer  la mort. L’art d’accompagner les mourants (voir Guillaume le Maréchal). La mort était le grand passage (non, je ne ressortirai pas la B.O. kitchissime du film avec Delon :-D ).

 

La mort était le plus grand moment de la vie. Evidemment, en ce temps-là nous n’étions pas encore des matérialistes consuméristes névrosés et nous avions de l’existence une idée bien plus noble.

 

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Alors même si vous êtes de ceux qui croient que tout s’arrête, la mort doit d’autant plus ne pas être un tabou car vous prendriez une gifle monumentale si celle-ci vous frappait directement ou indirectement. Vous avez besoin de vous préparer à cet événement qui vous fera disparaître vous ou vos proches dans le néant absolu car selon votre croyance vous n’existerez plus…il ne restera plus rien de vous. Vous allez tout perdre.

C’est génial…euh non, ce n’est pas très jovial comme programme mais c’est le vôtre, c’est votre choix, alors je pars, pour vous, de ce postulat. Si vous n’êtes pas préparés à voir la mort face à face, chers amis athées, elle vous anéantira avant de vous faire disparaître. Elle vous détruira moralement, physiquement et puis elle vous dissoudra jusqu’à annihiler le plus petit grain de conscience.

 

Puisque vous « savez » que votre conscience sera dissoute, épargnez-vous au moins le choc moral. Épargnez-vous au moins cette douleur-là ! 

                     

Les autres, vous qui pensez que la vie continue, ne vous croyez pas mieux armés que vos amis athées…vous l’êtes peut-être d’un espoir supplémentaire mais cet espoir ne suffira pas ! Il ne suffira pas, s’il est juste de l’ordre de la croyance et que vous n’avez, vous non plus, pas pleinement conscience de la mort. Vous comprendrez alors que la croyance est bien faible et que vous n’aviez pas une foi si solide… oserais-je dire pas de foi du tout.

 

En résumé : la mort est inévitable alors ne l’évitons pas. Quoi que nous puissions penser ou croire.

 

Le Dr. Charbonier et Annie Babu, vont vous aider à surmonter vos peurs, à voir cette mort en face pour que vous puissiez l’appréhender, vous y préparer et peut-être même la dépasser ?

 

L’ouvrage est en fait un dialogue/débat entre le Dr. Charbonier et Annie Babu. Dialogue/débat sur les grandes questions concernant la mort et sur les résultats d’un très important sondage nommé poétiquement « projet fuchsia »…

 

Qu’est-ce que le « projet fuchsia » ?

 

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Suite à un certains nombres de péripéties et à la sagacité d’Annie, le Dr. Charbonier se retrouva chez elle en Guadeloupe pour une série de conférences. Au calme près de la piscine et des bougainvilliers nos deux compères eurent l’idée du siècle : réunir les deux plus grands tabous concernant la mort.

 

Il était  bien entendu question des NDE et de l’euthanasie. Le Docteur Charbonier voulait simplement faire en sorte que la mort devienne, selon ses propres mots, une « étape normale de la vie ». Un « moment crucial » aussi où des choix s’opèrent, ainsi voulait-il remettre tout cela en perspective des dernières découvertes concernant les NDE.

Annie en contemplant les fleurs eut l’idée du questionnaire. Elle proposa à Jean-Jacques de sonder les gens susceptibles d’être intéressés par le sujet et de construire le livre aussi autour de leurs réponses. C’est également Annie qui proposa ce nom magnifique…

 

Le questionnaire est très complet avec 37 questions couvrant  cinq thématiques : les soins palliatifs, l’euthanasie, les perspectives autour de la vie et de sa fin, les EMI (NDE) et la mort.

 

3000 participants en deux ans, issus du monde entier. Comme on s’en doutera beaucoup de personnel soignant et principalement des femmes parmi les sondés. On dit que les femmes sont plus spirituelles que les hommes car plus intuitives alors que les mâles sont plus dans la « rationalité». On le voit dans les films comme Poltergeist, c’est toujours le père qui est le plus hermétique aux phénomènes surnaturels. Je dois sûrement être une exception ou alors je représente un type d’hommes plus traditionnels. En effet, je pense que les hommes étaient très spirituels à d’autres époques, tout autant que les femmes.

 

La force des femmes est sûrement d’être moins orgueilleuses, moins égotistes que les hommes…ce qui les rend plus réceptives à l’amour inconditionnel. Enfin je pense à ma compagne quand je dis cela et aux femmes (parentes, amies, enseignantes) qui ont compté dans ma vie mais force est de constater que beaucoup de femmes sont devenues de vrais « machos »…oui, je sais c’est un oxymoron :-D mais  trop de jeunes filles s’évertuent à singer le mâle dans la caricature. Cela donne de vraies « machos » au féminin et c’est vraiment surréaliste mais bon c’est la « crise du monde moderne » comme l’écrivait René Guénon.

 

R.-Guénon-an.1908-waib René Guénon.

 

Ces jeunes filles doivent comprendre que la force féminine est la douceur, est l’amour… le courage maternel qui brave tous les écueils pour sa progéniture est l’une des plus nobles formes de bravoure. « Jouer les p’tits mecs, les p’tits gars, les p’tits keums » comme disent mes élèves, n’a rien à voir avec le courage…cela n’impressionne personne, c’est du bla bla d’ados attardé(e)s…ça fait plutôt sourire ou pleurer des parents qui se demandent « Mais qu’est-ce qu’on a raté dans son éducation ? ». Heureusement, ces périodes passent, en général…c’est juste le déroulé « normal » de l’adolescence. Seulement chez de plus en plus de gens (hommes et femmes confondus), l’adolescence dure très longtemps, trop longtemps… ce qui témoigne à mon avis, d’une perte de valeurs et de spiritualité de nos sociétés.

 

Bon je ne m’éloigne pas trop du sujet mais c’était juste pour réagir au constat dressé par nos auteurs quant à l’omniprésence du beau sexe dans le sondage. Vous découvrirez le questionnaire, et tous les détails sur le projet « fuchsia » dans le livre.               

Dr. Charbonier et Annie Babu ou la dialectique remise à l’honneur.

 

Avant la lecture, j’avais peur que le dialogue/débat entre nos deux protagonistes ne soit trop consensuel et par conséquent stérile. C’est tout le contraire ! Les désaccords s’expriment clairement, nettement voire vivement, ce qui pousse l’un et l’autre dans ses retranchements… tels Socrate et Calliclès dans le Gorgias.

 

De plus, tous les sondés, leurs réponses, leurs commentaires très pertinents, participent à la « symphonie dialectique » d’ensemble. Même si je penche plutôt du côté du Docteur Charbonier à cause de ma spiritualité profonde, je ne remercierai jamais assez Annie Babu de sa corrosivité et de son intelligence ayant permis à Jean-Jacques d’envoyer du lourd comme disent les jeunes. Les arguments d’Annie sont en effet, très efficaces et invitent à la réflexion…il fut un temps je partageais même son avis… j’étais par exemple un inconditionnel de l’euthanasie et du suicide assisté dans l’optique « mon corps/ma vie m’appartient ». J’ai effectué un virage à 180 degrés et me suis (en développant ma spiritualité) rendu compte, que cette manière de penser était très matérialiste, égoïste, égotiste.

 

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Annie est tout de même plus nuancée que je l’étais lorsque je pensais cela…il s’agit il est vrai, d’une femme d’un âge respectable qui a derrière elle une longue expérience de vie. Moi, je suis encore bien « jeune » et j’étais carrément un gamin (collégien) quand je pensais en bon « libéral-libertaire » (Michel Clouscard). 

Être libéral-libertaire, c’est appliquer ce que Kant qualifierait de bonheur chimérique, pour faire simple : satisfaction de tous nos désirs en qualité, quantité, tout le temps.

 

Bonheur collant bien avec le « il est interdit d’interdire » soixante-huitard. L’esprit empreint de jeunisme trouvera la formule plutôt cool, c’était mon cas en tant qu’ado « rebelle » (rebelle gentil). Pourtant, ce qui manque dans tout cela est la notion salvatrice de limite, de morale. A cause de ce manque crucial, plus de bien, plus de mal…il n’y a plus de distinction. Tout est bien si tel est notre désir « souverain ». Et c’est la  « Nature » comme l’écrivait le marquis de Sade qui l’a décidé ainsi. Ledit marquis, va d’ailleurs démesurément loin dans l’expérimentation du bonheur matérialiste et ses œuvres donnent le tournis. De ce point de vue et pour revenir sur le thème de l’euthanasie, Annie Babu ne manque pas de saines limites et garde toujours en toile de fond la morale.

 

Petit aparté : je ne pense que pas que les libertaires aient pleinement conscience que leur logique poussée jusqu’au bout, les rapproche de l’hédonisme sadien.

Comme l’explique, le philosophe athée Michel Onfray, il existe d’autres manières d’être hédoniste en se basant plus sur les épicuriens, les stoïciens, et la maxime bien connue de Chamfort «jouis et fait jouir sans faire de mal ni à toi, ni à personne voilà, je crois, toute la morale » .

Ce libertarisme-là me va car il n’oublie pas les justes limites, la « juste mesure » dirait mon ami Bernard Fripiat. Néanmoins, je pense que ce modèle ne permet pas de boucler la boucle.  

D’où viennent ces justes limites, cette morale, cette « juste mesure », puisque… la Nature est, précisément selon les matérialistes, amorale, inconsciente. La seule réponse qu’ils nous donnent et que grâce à son intelligence, l’Homme peut s’affranchir de sa condition  et dire « non ». C’est un peu léger comme réponse… et ça ne résiste pas longtemps aux phénomènes liés à la mort évoqués dans le livre : NDE/EMP, médiumnité des comateux, expériences de mort partagées, précognition/rétrocognition etc.

Tout cela serait lié à notre surplus d’intelligence, à nos 4 cerveaux et à leur superbe grille de neurones/synapses. Pourtant tout cet appareillage cérébral est éteint ou dysfonctionnel lors des états desquels nous parlons… et la conscience, cette conscience garante de notre précieuse morale, est toujours en activité voire en suractivé. Ceci est tout bonnement impossible pour nos athées philosophes puisque la conscience n’est qu’une émanation du cerveau. Une bosse du cerveau dirait sûrement Joseph Rouletabille (personnage des romans de Gaston Leroux) mais si on prend sa «  raison par le bon bout » tout cela ne tient pas avec l’ « axiome » matérialiste –> conscience= machine cerveau.

          

 Désolé pour cette petite digression mais ceci aura son importance pour parler de l’euthanasie, l’un des thèmes phare du livre comme je l’avais indiqué. Celui où Annie et Jean-Jacques ont eu les échanges les plus mouvementés…

 

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Pour ma part, je suis convaincu qu’il y a transcendance donc verticalité… autrement dit une morale providentielle, des valeurs infiniment supérieures à nos désirs ou à nos besoins terrestres. C’est au nom de celles-ci que nous ne pouvons pas faire n’importe quoi de notre corps, en particulier en ce qui concerne nos vies charnelles ou incarnées. Si nous décidons de l’heure de notre désincarnation ou mort pour prendre le terme commun, quelle place laissons-nous à la Providence ? Au destin ?                                                                                 

 

Et notre dignité d’Homme et nos souffrances parfois atroces, et l’acharnement thérapeutique, soulève très justement Annie en opposition à Jean-Jacques Charbonier.

 

Oui, en effet, il n’est pas question non plus, de balayer tout ça d’un revers de manche. Ce que ne fait pas le Dr.  Charbonier mais je vous laisserai savourer toute la teneur de leurs échanges extrêmement riches.

 

 « Le droit à mourir dans la dignité » est il est vrai, une très belle formule mais elle donne l’impression que la mort doit nous obéir. Comme c’est un « droit », nous contraignons la mort…elle est à notre service. La mort n’est pas un jouet, n’est pas un outil. Nous n’avons aucun droit envers elle, nous n’avons que les privilèges qu’elle peut nous octroyer.

 

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Nous avons tendance à croire dans nos sociétés « pseudo-démocratiques » que parce que nous psalmodions le mot « droit », la chose est acquise et incontestable. Non, nos droits juridiques sont une convention sociale, un contrat social pour reprendre la métaphore de Jean-Jacques…Rousseau bien sûr :-D .

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Nous sommes d’accord en un espace T que chaque citoyen jouisse de ses droits (juridiques) et applique parallèlement ses devoirs car nous sommes convenus de nous plier volontairement à ces règles de vie humaines pour le bien commun.  Ceci ne peut pas concerner les phénomènes naturels… on ne peut pas s’inventer un droit au soleil en été et fustiger une météo capricieuse qui nous offrirait un mois d’août complètement pourri.

 

Dans la même veine le prétendu droit à l’enfant, m’hérisse également car il se heurte au droit de l’enfant qui lui est un citoyen à part entière. En revanche, la procréation est un phénomène naturel et accoucher d’un nouveau-né en parfaite santé une bénédiction mais nullement un droit. Derrière le droit à l’enfant, nous aurons forcément « en bout de fil » les « usines à bébés » comme dans le meilleur des mondes d’Huxley.

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Evidemment qu’il y a un besoin fort de parentalité chez les couples stériles ou homosexuels par exemple. Si tel était mon cas, bien sûr que j’en souffrirais et que j’aurais le désir irrépressible d’être père. Il y aurait alors la solution de l’adoption qui offre un compromis honorable même si je trouve scandaleux que l’on doive payer pour ce faire. Un enfant n’est pas un objet de consommation là non plus. On profite du besoin d’amour d’adultes et d’enfants en détresse pour faire du gras, c’est franchement pathétique.

 

Certes mais hormis cette réserve, il n’y a pas détournement de la Nature quand on adopte… si on n’a pas pu avoir d’enfants, c’est peut-être parce que notre mission est d’offrir une chance à un enfant privé de parents ? Alors ne voyons pas cela comme une malédiction obligatoire. Cela n’a rien à voir avec le « droit à l’enfant », nous avons le privilège d’accueillir un enfant déjà là pour lui offrir tout l’amour qu’aurait eu notre enfant biologique.

En revanche, quand je vois qu’en Amérique ou dans d’autres pays développés; certaines femmes seules qui ne veulent pas avoir de maris (pardon mesdames); peuvent « se choisir » leur futur enfant sur catalogue, selon le morphotype du donateur anonyme et cerise sur le gâteau, ressemblant à leurs stars préférées…cela me terrifie. Là on transgresse toutes les règles de la Nature et aussi celles de la morale pour un eugénisme affreux.

 

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La procréation ne doit pas être une sombre affaire de tubes à essai mais le fruit d’un amour spirituel puis charnel entre deux êtres humains parfaitement complémentaires.

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Parce que nous alignons les billets verts, nous croyons  a contrario que nous avons le droit de tout transgresser impunément…c’est notre droit de consommateur en somme.

                                                                        

Eh bien pour la mort, c’est exactement pareil à mon avis, d’où mon analogie.

 

Je n’ai pas envie d’appréhender la mort comme un consommateur et faire ceci ou cela parce que c’est mon choix. J’ai bien conscience de la dureté de mes propos, rassurez-vous ;-) . Comme je ne suis pas totalement monstrueux et borné, je sais que comme pour l’adoption… il y a aussi pour la mort des compromis salvateurs pour éviter la souffrance.

Compromis, que le Docteur Charbonier expose et explique très précisément puisqu’il est question justement de son domaine de compétence. Ces compromis ne sont pas toujours pleinement satisfaisant  pour notre ego car il est vrai que nous voulons toujours « le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière » comme disent les grands-mères, enfin ma grand-mère :-D . Eh bien non, « on meurt comme on peut ». Ainsi l’ironisait Henri Guillemin à propos de Mirabeau qui eut une mort (« entre deux putains ») qu’aurait bien souhaité ce cher Jacques Brel :-D qui se voyait bien mourir en « baiseur intègre entre les seins d’une grosse, contre les os d’une maigre dans un cul de basse-fosse » ;-) .

            

Plus sérieusement nous désirons tous une mort paisible et sans douleur mais avons-nous le droit de contraindre le destin pour autant ?

A l’inverse, quand nous devons mourir est-ce bien utile de s’acharner à vouloir éviter l’inévitable ? Pour le coup, je suis résolument contre l’acharnement thérapeutique mais il faut qu’il soit manifeste. 

Je le répète, pas d’acharnement thérapeutique mais attention à ne pas user de cette qualification à la légère envers un personnel soignant intègre essayant juste de sauver des vies.

 

Laissons les choses suivre leur cours, essayons d’interférer le moins possible et faisons confiance à la Providence.

 

Par exemple, j’ai toujours dit à ma compagne que si elle mourrait, je voudrais immédiatement la suivre… il vrai que ce serait mon désir le plus cher mais aurais-je le droit d’infliger ça à tous ceux qui m’aiment ? Juste pour ne plus souffrir ? Et si nous avions des enfants, aurais-je a fortiori le droit d’en faire des orphelins ? Non ! Et pourtant, j’en souffrirai plus que tout au monde ! Alors à quoi bon rester ? Eh bien pour la morale, pour ne pas ajouter à la peine l’outrage car la notion de sacrifice voire d’héroïsme, ça existe !

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 Pourquoi un brave type comme Jean Moulin s’est fait martyriser et n’a rien lâché pour alléger sa mort ? Parce qu’il se devait de ne pas le faire, c’était sa conscience (intuitive ?) qui le fit tenir. A tel point que Klaus Barbie lui-même, son bourreau, admira son courage. Jean Moulin aurait pu craquer et se dire en son for intérieur « Tant pis, je sais que ça va être terrible pour les copains mais la souffrance…la souffrance est trop forte… » et que faire du droit à mourir dans la dignité au passage? Pourquoi aurions-nous plus le droit à mourir dans la dignité que les milliards d’êtres humains à travers les âges n’ayant pas eu de mort paisible ? Tant s’en faut !

 

Annie Babu pourrait être ma mamie, je suis sûr que cette brave dame mourra dans son lit… enfin je lui souhaite et dans le moins de souffrance possible. Je le souhaite à tout un chacun.

 

Pour ma part, je n’ai pas trente ans, j’en aurai vingt-six le 9 février prochain. Entre nous, je ne suis pas sûr de mourir dans mon lit au vu de la conjoncture actuelle. Et dans quel état lamentable sera le monde quand j’entamerai la quarantaine ? Sans faire non plus de plans « eschatologiques » sur la comète, je ne me préoccupe pas trop, à l’instar du Dr. Charbonier,  de savoir ce que j’aurais envie qu’on fasse… si je me retrouvais dans une situation comparable à celle de Vincent Humbert ou de Vincent Lambert.

 Je n’ai aucun moyen de savoir quel serait mon état mental ou psychologique… mais j’ai juste conscience qu’au même titre que les deux Vincent, nul n’est à l’abri d’une telle destinée funeste surtout dans notre monde sans pitié.

 

Je prie pour que cela n’arrive pas.

 

Je pense à ce qui pourrait arriver de pire, et je prie pour être le plus courageux possible face à cela. Je m’arme spirituellement pour ce faire, pour que ma confiance ne s’érode jamais quoi qu’il puisse advenir. Et je sais qu’en agissant ainsi mon mal et mon abnégation seront bien récompensés au Ciel mais aussi dans cette vie.

 

Je crois à la Justice immanente.

 

J’ai remarqué que les gens ayant une foi profonde et acceptant les choses célestes ont comme une bonne étoile, une aura protectrice, un ange gardien.  Appelons ça comme on voudra mais je pense que la vraie ferveur et l’amour sont royalement récompensés. Si on devient un « outil », un « relais » du divin, on a, je crois, une tâche à accomplir…et de facto le Ciel nous préserve.

 

Ce n’est pas scientifique ce que je dis là et les pinailleurs me trouveraient sûrement des contre-exemples invérifiables mais c’est une intuition forte. Je suis sûr que le Dr. Charbonier comprend parfaitement ce que j’énonce ici car il l’a vécu. A l’inverse les gens coupés du Ciel, ne sont certes pas damnés, mais ils se privent à tort d’un incommensurable potentiel ou « potes en Ciel » comme nous le souffle la langue des oiseaux. Cela signifie qu’ils sont seuls face à l’adversité du monde matériel et qu’ils finiront bien souvent broyés par lui.

 

Mes paroles vous font peut-être ricaner mais je vous promets que plus j’accepte la transcendance, plus je me remplis d’amour et plus j’ai d’opportunités, d’occasions ou de « chance » si vous préférez. Avant je me plaignais de ne jamais avoir de chance, de n’avoir que des malheurs. En vérité, c’était tout à fait normal… avec ma pensée négative/pessimiste, mon refus de la transcendance, mon matérialisme libéral-libertaire, j’étais juste un aimant à emmerdes.

 

Quand on se comporte comme une merde on attire les mouches…c’est aussi simple et cru que ça. 

                                          

Je m’excuse d’être trivial, vous commencez à avoir l’habitude de toute manière (en plus vous aimez ça, avouez :-D ) mais il y a là quelque chose d’absolument fondamental à comprendre. C’est vraiment l’effet boomerang, toute votre négativité, vos peurs, vos colères, vos doutes, vos jalousies, vos haines etc. sont un égrégore de désolation qui ne va pas s’estomper comme ça dans la Nature. Vous l’aurez en permanence comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête et à un moment  toujours inopportun… vlan tout vous retombera dessus. Après quoi, stupeur… mais qu’est-ce qui m’arrive le ciel me tombe sur la tête ? Non, ce n’est pas le ciel garçon, c’est seulement ta connerie :-D . Ce qui est vraiment dramatique, c’est que nous n’avons même pas conscience de nourrir cette « bombe à retardement de désespoir ». Nous ne nous sabotons pas l’existence de notre plein gré…

 

Je ne dis  pas que nous sommes seuls responsables de tous nos malheurs…

Je dis que si nous attirons à nous quasi exclusivement des forces positives, cette vie devrait se dérouler sans trop d’encombres.

 

 

Réserves : on peut toutefois accepter (sans l’encourager), même en étant globalement contre l’euthanasie ou le suicide assisté, que certains cas exceptionnels et tragiques, comme ceux de Chantal Sebire ou de Coralie, puissent constituer des exceptions.

A titre de comparaison, les plus farouches opposants à l’IVG tolèrent qu’une fillette violée, ne garde pas l’enfant de son violeur ou plus généralement le tolèrent pour des raisons graves et sérieuses. Dans ces cas-là l’euthanasie ou l’IVG sont des pis-aller mais nullement des choses bonnes en soi…ou des droits inaliénables! Il me semble que Simone Veil elle-même, est profondément choquée de s’apercevoir que dans un monde où les moyens contraceptifs sont de plus en plus performants, le nombre d’avortements explose. Ce n’était pas du tout l’objet de sa loi qui souhaitait surtout ne plus voir mourir des jeunes filles passées entre les mains des « faiseuses d’anges »…mais certainement pas de banaliser l’acte d’avortement « pour un oui ou pour un non ».

 

Ceci étant dit, attention tout de même aux coups médiatiques et à l’émotion trop prompte…

Rappelons que les exceptions ne peuvent constituer des règles de société pérennes mais qu’il convient évidemment d’en tenir compte.

Je suis pour une politique que je nommerais du « roseau ».  Des règles qui ne rompent jamais mais qui savent toutefois faire preuve de souplesse dans les cas extrêmes.

 

 

Pourquoi mêler euthanasie et NDE ? Un mot rapide.

 

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 En effet, outre la pensée à contre-courant du Dr. Charbonier sur l’euthanasie, certains sondés et certains critiques, n’ont pas compris l’intérêt de mêler ce sujet-là  (et les autres sujets du livre) à celui des expériences de mort provisoire EMP.  Plus connues sous le nom d’EMI (expériences de mort imminente). Eh bien voyez-vous, et même avant de lire les échanges entre nos deux auteurs…je ne comprends absolument pas ce reproche. Le lien est pourtant évident.

 

Les EMP  changent notre conception de la mort, elles vont par conséquent forcément impacter notre vision de l’euthanasie. Il y a peut-être plus dérangeant pour les matérialistes teintés de scientisme. Le Dr. Charbonier évoque la médiumnité et la télépathie avec les comateux par exemple. En somme, si l’esprit du défunt est encore parmi nous, il doit être possible de communiquer avec lui pour savoir s’il souhaite revenir ou s’en aller.

Ce que j’écris là doit en faire bondir plus d’un. C’est pourtant une des questions parfaitement légitime soulevée par le livre.

 

Les EMP nous forcent à adopter une définition  bien plus étendue de notre esprit et de facto ouvre la porte à l’authenticité de nombre de facultés psychiques bien connues et d’ailleurs éprouvées.

 

resolve Gérard Croiset. 

 

Ceux qui ricanent en entendant « voyance » ou « médiumnité » par exemple sont probablement des incultes complets sur ce sujet. Ils ne connaissent sûrement pas le cas de l’Hollandais Gérard Croiset, étudié scientifiquement. Ils ignorent le projet « star gate » de l’armée américaine utilisant des « médiums » pour visualiser des bases ennemies cachées. Ils ne connaissent pas l’histoire incroyable du médium américain James Van Praagh.  Je pourrais multiplier les exemples à l’envi. Tout ça pour vous dire qu’avant de ricaner, il faut avoir investigué.

 

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james-van-praaghJames Van Praagh 

 

Les EMP surtout celles de Pamela Reynolds et d’Eben Alexander nous ouvrent véritablement le champ des possibles, ajoutez à ça l’incroyable physique quantique et je ne vois pas ce qui s’opposerait rationnellement à notre capacité de « transcommunication » avec l’Au-delà…à part bien sûr notre « conscience analytique », dit « mental » chez les Orientaux.

Comme l’explique bien le Dr. Charbonier et même Annie Babu, il convient bien sûr de faire intervenir des personnes au « savoir-faire » éprouvé et certifié. Tout un chacun n’est a priori pas capable de jouir pleinement de sa « conscience intuitive » encore bloquée, freinée, enchaînée par l’ « analytique » (les puristes comprendront, pour les autres… lisez ;-) ).

 

Dernière remarque : j’espère que les partisans convaincus de l’euthanasie ne seront pas outrés par ma franchise. Je suis franc avec vous car je vous présume assez intelligents et tolérants pour entendre les arguments contraires aux vôtres…  

Annie Babu, qui a cette intelligence, a elle-même  été fortement ébranlée par les arguments du Dr. Charbonier (et des sondés). Vous le serez peut-être aussi en lisant.

Ce que je dis vaut aussi pour moi, je n’imposerais pas mes vues même si j’en avais le pouvoir. C’est aux citoyens de trancher en conscience (peut-être par le biais d’un référendum suite à un grand débat national).

Je trouve que la cigarette est une chose nuisible, je n’interdirai jamais à personne de fumer. Si je ne suis pas un « libertaire sans limite », je ne suis pas non plus un liberticide. Ce qui fait sens pour moi, ne le fait pas forcément pour tout le monde et je respecte cela. En outre, si ceci nous offre de sémillants débats comme celui d’Annie et Jean-Jacques à la bonne heure. Au final, c’est peut-être la maman du Dr. Charbonier qui a raison lorsqu’elle lui dit « J’ai bien vu que pour l’euthanasie et le suicide assisté, Mme Babu et toi, vous n’êtes pas du tout d’accord. Mais à vous lire, ce qu’il y a de bien, c’est que vous avez raison tous les deux. »

Il est de surcroît toujours possible d’établir de justes compromis entre deux camps parfois opposés… j’espère seulement que si compromis il y a, l’approche spiritualiste aura la part belle.

  

Pour ne pas que cet article soit trop long, j’ai omis de parler des autres sujets du livre en restant un peu centré sur l’euthanasie mais l’ouvrage est bien évidemment incroyablement riche.

En tout cas, il m’offre matière à réflexion et ouvre le débat. Je l’ai lu deux fois mais je le lirai encore abondamment… comme les « 3 clefs » comme la « mort expliquée aux enfants » comme tant d’autres ouvrages déterminants.

Ils sont d’excellents compagnons de route pour toute une vie en quête du Bonheur.

 

HFS.

 

Pour accéder au site de Jean-Jacques Charbonier, cliquez sur l’image :

 

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Bonus :

Penser à la mort nous rappelle aussi combien nos relations humaines comptent.

Mon ami Bruno, célèbre thérapeute en développement personnel, est passé il y a peu de temps, très près de la mort. Ses jours ne sont plus en danger mais il doit tout de même se ménager.

Son message après cet « incident »: être encore plus tourné vers le Bonheur et savourer nos relations avec les autres mais aussi avec nous-même. 

Ce message, il l’a exprimé parfaitement dans cette petite conférence  déjà ancienne mais si inaltérable (cliquez):

 

Bonheur_vie

 

 

Pour finir sur une vraie note positive ;-) :